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Grève à iTélé : les syndicats ont rencontré El Khomri

7 Novembre 2016 , Rédigé par Vincent

Grève à iTélé : les syndicats ont rencontré El Khomri

La rédaction de la chaîne d'information en continu entame sa quatrième semaine de grève. Des syndicats ont pour la première fois été reçus par un membre du gouvernement ce lundi.

"On attend toujours des propositions écrites de la direction, qui ne manifeste pas d'empressement à sortir du conflit". Comme l'exprime ici Guillaume Auda, un porte-parole des grévistes, les salariés d'iTélé n'ont toujours pas obtenu satisfaction après 21 jours d'affilée d'arrêt de travail. Le mouvement a donc été reconduit ce lundi, par 82 % des voix (76 favorables, 8 contre, 9 abstentions), jusqu'à mardi midi.

Alors que les salariés entament leur quatrième semaine de grève, la ministre du Travail Myriam El Khomri a reçu à 16h30 ce lundi trois syndicats de la chaîne d'info en continu du groupe Canal+. Il s'agissait de la première rencontre entre un membre du gouvernement et des représentants des salariés de la chaîne privée, qui réclament la mise à l'écart de l'animateur controversé Jean-Marc Morandini -mis en examen "pour corruption de mineur aggravée"-, la signature d'une charte éthique, la nomination d'un directeur de la rédaction distinct du directeur général, et plus largement la définition d'un projet stratégique et éditorial "clair et précis".

"Inciter à renouer le dialogue social"

Dans un communiqué publié à l'issue de ce rendez-vous, Myriam El Khomri a exprimé "sa préoccupation face à un conflit inédit dans une entreprise de presse privée". "Il n'est de l'intérêt de personne (...) de voir ce conflit, d'une longueur d'ores et déjà exceptionnelle, s'enliser davantage", dit-elle. "C'est pourquoi le ministère du Travail, en lien avec le ministère de la Culture et de la Communication, pèsera de tout son poids pour inciter les parties à renouer le dialogue social sur des bases sereines."

"Dans cette perspective, le ministère du Travail a convié la direction de l'entreprise à venir échanger dans les meilleurs délais, en souhaitant que la perspective d'une médiation soit accueillie favorablement par l'ensemble des parties concernées", indique encore la ministre du Travail.

"Déplafonnement" des indemnité de départ

Juste avant ce rendez-vous, une source proche de la direction de Vivendi a annoncé que le groupe propriétaire de Canal+ et iTélé proposait aux salariés souhaitant partir un "déplafonnement" des indemnité de départ. Tout en assurant qu'il n'y avait "quasiment plus de points de blocage" dans les discussions. Une information démentie ce lundi soir par Guillaume Auda, de la Société des journalistes d'iTélé. "C'est faux. Il y a toujours les mêmes points de blocage, nous n'avons eu aucune nouvelle proposition écrite de la direction", a-t-il déclaré à Pure Médias . La rédaction porte "toujours les mêmes revendications", selon lui.

Plusieurs salariés ont déjà annoncé leur départ de la chaîne ces dernières semaines: les journalistes Amandine Bégot et Julien Arnaud, le rédacteur en chef Alexandre Ifi et le chef du service reportage Emmanuel Goubert.

"Médiation sociale"

"Après une année d'entraves répétées aux instances représentatives du personnel et à l'impossibilité pour les partenaires sociaux d'établir un dialogue social sain et constructif avec la direction, +Libres, la CGT et la CFDT ont sollicité le ministère du Travail afin qu'il mette en place une médiation sociale permettant de sortir de ce conflit dans le respect du droit et des personnes", explique +Libres, syndicat autonome et majoritaire du groupe.

Pour le syndicat, "ce conflit est révélateur du malaise et du climat délétère qui s'est installé au sein du groupe tout au long de l'année écoulée". "La reprise en main des Guignols de l'info, la disparition de Spécial Investigation, du zapping et des JT sur les antennes de Canal+ mettent en évidence l'omniprésence de notre actionnaire [Vincent Bolloré] dans les circuits de décisions", déplore le syndicat, estimant que "c'est l'image du groupe qui est aujourd'hui entachée".

Un combat "inédit"

Il s'agit d'un "conflit inédit car il ne porte pas seulement sur des questions économiques et sociales, mais sur ce qui fonde la crédibilité du travail des journalistes : leur indépendance", ont déclaré les sociétés de journalistes (SDJ) de 17 médias français dans un texte publié ce lundi. Ce message de soutien aux salariés d'iTélé a été signé par les SDJ de RTL, BFMTV, France 2, France 24, franceinfo.fr, Libération, Le Monde, L'Humanité, Le Parisien-Aujourd'hui en France, Sud Ouest, Presse Océan, RFI, France Inter, Mediapart, Premières lignes production, TF1, de l'AFP et par le collectif Informer n'est pas un délit.

"Nous regrettons la manière dont les responsables de Canal+ jouent la montre, en espérant faire céder la rédaction d'iTélé sans jamais avoir tenté de créer les conditions d'un dialogue sur le projet éditorial contesté par les grévistes", accusent les signataires, qui demandent "aux pouvoirs publics, au CSA, à la direction d'iTélé et aux actionnaires de la chaîne d'accepter qu'une entreprise de presse et qu'un projet éditorial ne peuvent se développer sans l'adhésion de sa rédaction". Ils demandent également de "créer les conditions d'un dialogue et de trouver rapidement une issue à cette crise beaucoup trop longue pour les journalistes de la chaîne, ses téléspectateurs et toute la profession".

Source AFP

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